Vivre sur la Côte-Nord :
Rencontres et témoignages

Wilson Evans Plus grand que nature

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Regard perçant, main ferme, ton assuré : Wilson Evans est imposant, presque intimidant. Mais quand il parle de son île, la chaleur de son sourire prend le dessus et révèle un homme profondément attaché… et attachant.

Wilson Evans est né et a grandi à Harrington Harbour. Cette île dressée au milieu du fleuve, sur la Basse-Côte-Nord, il en connaît tous les recoins, sur terre comme sous lʼeau. « Quand jʼétais petit, jʼai vu un reportage sur le commandant Cousteau qui mʼa beaucoup impressionné. Avec une boîte de bois et une baloune, je me suis bricolé un scaphandre et jʼai essayé de plonger pour découvrir ce quʼil y avait autour de mon île. Des années plus tard, (avec un équipement un peu plus sécuritaire!) je découvre encore… »

will_200x200_2Pour les férus de grand air, lʼendroit est paradisiaque. Cʼest lʼune des raisons pour lesquelles Wilson a choisi dʼy habiter à lʼannée et dʼy fonder sa famille. En plus de la plongée, il fait du kayak, du jogging, du vélo de montagne, de la voile…

Lʼhiver, le hockey prend le dessus. Et comme on peut se déplacer facilement en motoneige, des tournois sont organisés partout en Basse-Côte-Nord. Cʼest dʼailleurs ainsi que Wilson a rencontré sa femme, Christine, originaire de Mutton Bay, qui nʼa pas hésité à devenir insulaire par alliance. « Il fallait bien, dit-elle en souriant. Mon mari a des racines sous les pieds, bien ancrées dans le roc de lʼîle! »

LIBERTÉ TOTALE

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Dans le cadre de son travail dʼagent de la faune, Wilson navigue de Havre-Saint-Pierre à Blanc-Sablon, selon un horaire quʼil détermine lui-même en fonction de la météo. Parcourir ce vaste territoire au rythme des saisons lui permet de découvrir des paysages envoûtants.

Mais aujourdʼhui, cʼest congé. Quand Sarah et Christine rentreront de lʼécole – la première y étudie, la seconde y travaille – tous trois lèveront lʼancre de lʼancien bateau de pêche quʼil a réaménagé avec soin (« Maintenant, il y a même une douche, détail important pour la femme de ma vie! ») et iront pique-niquer dans lʼune des anses qui bordent lʼîle du Petit Mécatina, lʼun des lieux fétiches de Wilson. « Sarah ne nous accompagne plus toujours. Elle préfère souvent chatter avec ses amis de La Tabatière… »

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LE CHARME DʼUN MODE DE VIE UNIQUE

Il nʼy a ni voitures ni camions à Harrington Harbour. En guise de routes, des trottoirs de bois serpentent entre les maisons. Et malgré lʼétroitesse des voies, piétons et VTT (ou motoneiges, selon la saison) se croisent sans encombre. Même en tirant une remorque pleine de provisions, comme cʼest le cas le vendredi matin alors que les résidants vont faire le plein de denrées au magasin général.

Pendant la nuit, le Nordik Express est venu livrer sa cargaison de fruits, légumes, viandes et autres produits courants. Le navire sillonne la côte chaque semaine pour ravitailler les villages de la Basse-Côte-Nord. « Le jour de son passage, tous les habitants vont au magasin général pour remplir leur frigo. Ce nʼest pas le bon moment pour aller acheter des clous! », rigole Wilson.

will_200x200_5UNE ÎLE OUVERTE SUR LE MONDE

Avec lʼavènement dʼInternet haute vitesse, les habitants dʼHarrington Harbour peuvent se faire livrer de tout : vêtements, nourriture, meubles, articles de sport ou de maison, outils, musique, films, jeux vidéo… Plusieurs commerces offrent même la livraison gratuite.

Et pour rejoindre le continent? Un bateau-taxi fait la navette avec Chevery, sur la côte, plusieurs fois par jour. Quand la mer est mauvaise, cʼest lʼhélicoptère qui prend le relais, offrant à ses passagers une vue spectaculaire. Du haut des airs, lʼîle a la forme dʼun deltaplane. Sur fond de mer où se reflètent les nuages, le panorama est digne du National Geographic.

Ajoutez à cela lʼair vivifiant, le bruit des vagues, lʼodeur des plants de bleuets et de chicoutés… Pas étonnant quʼon ressente ici un intense sentiment de liberté. Et quʼon côtoie des êtres plus grands que nature.

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