Loubna Hassan

Arrivée en 2014 pour rejoindre mon mari qui venait de passer sa première année à Baie-Comeau dans son nouveau travail. Pour lui, tomber en amour avec la ville et la région a pris un mois à peine!
À mon arrivée, je me suis mise à cherche un travail dans le domaine du dessin industriel. Pour décrocher mon premier contrat, j’ai bénéficié de l’accompagnement du centre Émersion, ce qui m’a permis d’être rapidement engagé auprès d’une firme d’ingénierie. En plus de l’accompagnement professionnel, ma démarche auprès du centre Émersion, m’a également permis de rencontrer beaucoup de personnes et de constituer, par le fait même, ce qui sera mon réseau de contacts à Baie-Comeau.

Ce qui m’a impressionné en arrivant à Baie-Comeau était la proximité de la nature. Non pas seulement les parcs aménagés, mais la véritable nature : la forêt et la plage. Le fait que j’aime les activités de plein air, je trouve que la Manicouagan offre de multiples choix à la fois accessibles et diversifiés pour s’évader dans la nature tout au long de l’année. Pour certaines fins de semaine, en hiver comme en été, à la ville ou aux alentours, nous avons l’embarras du choix.

La taille de la ville et la densité de sa population rendent les déplacements agréables : pas des heures de pointe ou des traversées infernales de ponts. C’est ainsi que j’ai constaté qu’un des plus grands avantages de vivre à Baie-Comeau est de disposer du temps. Le temps pour faire des activités, assister à des spectacles, rencontrer des amis ou tout simplement passer du temps à la maison avec la famille.

Puisque c’est une petite ville, il m’a été facile de constater rapidement que je fais partie d’une communauté, dans laquelle je peux m’engager et d’offrir du temps et de l’énergie au service de ma nouvelle société d’accueil. Quand je vivais dans une grande ville, je ne pensais pas à la question de l’achat local. Ici, étant membre d’une communauté, j’ai compris l’importance de l’achat local pour assurer la vitalité économique de ma ville.

Et pour les jeunes familles qui ont des enfants, la Manicouagan et un choix intelligent. À mon arrivée à Baie-Comeau, mon fils devait aller à l’école primaire et ma fille à l’école secondaire. Bien que nous ayons quelques craintes, l’intégration des enfants dans leurs nouvelles écoles s’est passée sans que l’on s’aperçoive. C’était un soulagement pour toute la famille.

Je trouve que cela m’a permis d’être en contact avec la culture québécoise qui est plus diversifiée que je ne pensais auparavant. Sur cet immense territoire qui est la Côte-Nord se côtoient les peuples autochtones, les anciens et les nouveaux arrivants. Tous ensemble, nous vivons dans un esprit de respect mutuel envers la beauté qui nous entoure. »

Élizabeth Fragoso

Femme de tête et femme de coeur

Elizabeth Fragoso, cet exemple de ténacité, souhaitait trouver sa place dans le milieu des communications. C’est en travaillant en publicité et marketing dans une agence de relations publiques dans la ville de Mexico qu’elle a débuté sa carrière, sans savoir qu’un jour la vie lui donnerait la chance d’apprendre et de vivre de nouvelles expériences dans une autre langue, une autre culture, une autre météo, une nouvelle vision de voir le monde.

Entre deux pays

C’est alors qu’en 2005 sa destinée allait changer, car elle rencontre un québécois en voyage pour la première fois au Mexique, ce qui allait tout faire basculer. Une histoire d’amour qui réunit deux mondes différents qui se complètent.

« En 2007, il a réussi à me convaincre de venir au Québec en tant que touriste pour une durée de six mois. L’arrivée à Montréal fut un choc puisque je n’avais jamais vu autant de forêt de ma vie. De plus, je n’avais jamais connu la neige, qui me rappelait les petits flocons de sucre blanc que l’on dépose sur les biscuits. Je suis ensuite retournée à Mexico pour préparer mon immigration définitive au Québec. Nous n’avions de contacts que par téléphone et par courriel. Pendant ce temps, mon conjoint a fait une demande de parrainage et 3 mois plus tard, j’avais tous mes papiers pour immigrer au Québec ! »

Arrivée à Québec en 2008, Élizabeth Fragoso complète un cours de francisation. Même si ses aptitudes à communiquer lui ont vite permis de performer sur les bancs d’école, elle demeure néanmoins avec une certaine timidité de s’exprimer en français. La jeune femme décide donc de combattre cette peur en occupant un emploi de conseillère-vendeuse. Parallèlement, elle complète avec succès une attestation d’études collégiales (AEC) offerte au Cégep de Sainte-Foy en affaires électroniques afin de se rapprocher de son champ d’expertise : le marketing et les communications.

La Côte-Nord, une terre d’accueil

En 2011, les perspectives d’emploi étant favorables sur la Côte-Nord, le couple emménage à Sept-Îles. En l’espace de quelques jours, Élizabeth Fragoso décroche un emploi permanent à temps complet comme gérante de la boutique Émotions. Le poste offre d’excellentes conditions de travail, ainsi qu’un salaire avantageux. « Si j’étais demeurée à Québec, ça aurait été beaucoup plus long pour atteindre mes objectifs. Le fait de déménager sur la Côte-Nord m’a énormément aidé au niveau de mon estime personnelle et professionnelle. J’ai réussi à terminer à distance ma formation en affaires électroniques, tout en travaillant. Ma nouvelle terre d’accueil m’a offert une excellente qualité de vie. Ici, j’ai ma maison et tout est à proximité, ce qui me permet de profiter de mon temps et de la nature. »

Une citoyenne canadienne

En décembre 2014, elle reçoit deux beaux cadeaux : sa citoyenneté canadienne et l’heureuse nouvelle d’être enceinte de son premier enfant. Avec motivation, elle soumet alors son évaluation comparative des études effectuées hors du Québec afin d’obtenir l’équivalence québécoise de son baccalauréat en communications complété au Mexique. Durant son congé de maternité, afin d’ajouter une autre corde à son arc, elle entame une nouvelle formation à distance comme agente en support à la gestion des ressources humaines par le biais du Cégep de Chicoutimi. En 2016, lors de sa recherche de stage en ressources humaines, Élizabeth Fragoso décide de se rendre à la Chambre de commerce de Sept-Îles afin d’obtenir de l’information sur les entreprises pouvant être intéressées par ses compétences. La Chambre de commerce de Sept-Îles décide alors de la recruter comme stagiaire afin de mettre à jour de son site Web et de gérer l’ensemble des dossiers du Réseau RH Sept-Rivières. Depuis la fin de son stage il y a 4 ans, elle occupe le poste de coordonnatrice des activités et communications!

Aujourd’hui, Elizabeth est bien intégrée dans sa communauté d’accueil, tout comme Hayden, son fils de 5 ans, un pur Septilien qui adore jouer dans la neige. Ils profitent avec bonheur des activités en famille et des liens d’amitié qu’ils ont créés avec des personnes de divers horizons. « C’est sûr que je m’ennuie de ma famille, mais maintenant, la distance est relative. Nous sommes loin physiquement, mais nous serons toujours proches dans nos cœurs. Les gens d’ici sont très sympathiques et la Côte-Nord est une région tellement paisible. Les services offerts sont professionnels et nous nous sentons en sécurité. »

Éric Maillet

Sculpter son avenir

Il y a près d’une trentaine d’années, Éric Maillet, artiste reconnu et entrepreneur audacieux, a quitté le sud de la France pour venir s’établir au Québec. Ayant vécu à la campagne la majeure partie de sa vie, c’est dans la municipalité de Grandes-Bergeronnes, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Tadoussac, que son choix s’est finalement arrêté. La Côte-Nord est un milieu inspirant pour ce sculpteur devenu homme d’affaires, dont la démarche artistique se nourrit également d’une passion pour l’archéologie et la spéléologie.

Forger sa voie

Éric Maillet a érigé son atelier sur son vaste terrain, à quelques pas de la maison. Autour d’une panoplie d’outils, se côtoient matériaux et éléments de la nature. Cette relation entre l’homme et son environnement est au cœur du processus créatif d’Éric, qui a notamment présenté en 2011 une exposition établissant un parallèle stupéfiant entre la culture des chasseurs-cueilleurs innus et l’art pariétal européen.

Selon l’inspiration du moment, du bois de grève, des os polis ou encore des pierres aux motifs détaillés se marieront au fer, au bronze ou au cuivre pour donner vie à des œuvres évoquant les beautés du monde. D’ailleurs, en 2019, le Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ) lui a demandé de leur confectionner trois magnifiques trophées aux saveurs maritimes à partir de vieux métaux travaillés par la mer. Ces trophées appartiennent au phare du Haut-fond-Prince, surnommé « La Toupie », tout près de Tadoussac.

« Il y a une richesse culturelle et historique unique sur la Côte-Nord. Beaucoup de gens ont un intérêt pour le travail des artistes. Peut-être parce qu’en vivant ici, on peut davantage contempler la nature. Côtoyer des œuvres vivantes, ça prédispose à être touché par une œuvre d’art. »

Du pain sur la planche

Il y a sept ans, avec sa conjointe Chantal Pinel, Éric Maillet s’est porté acquéreur de la Boulangerie artisanale La P’tite Cochonne, où le couple travaille de juin à octobre avec des farines biologiques afin de concevoir fougasses, gâteaux bretons et autres produits traditionnellement Français. Ils présentent également une gamme de produits fromagés et de charcuteries du Québec.

« Rapidement, la boulangerie a pris une grande partie de mon temps, car elle est très réputée, autant régionalement que mondialement. Elle est citée dans une multitude de guides touristiques internationaux et nous sommes fournisseurs de pains pour plusieurs commerces de la Côte-Nord, dont le restaurant La Capitainerie de la marina de Portneuf-sur-Mer. On peut à peine suffire à la demande et on prévoit même agrandir la boulangerie en 2020 ! »

https://www.facebook.com/pg/BoulangerieCochonne/

Josée Gagné

Un voyage qui en amène un autre

Adepte de moto et de grands espaces, Josée Gagné habite Les Laurentides depuis une quinzaine d’années quand, en 2016, elle prend la décision de visiter la Côte-Nord pour la première fois. Il ne lui faut que quelques jours pour littéralement tomber en amour avec la région, spécialement la Minganie. Elle est renversée par la beauté du paysage et l’accueil des habitants, ce qui lui donne le goût de réitérer l’expérience.

Afin d’avoir l’opportunité de mieux découvrir la région, Josée planifie un long voyage de moto l’été suivant, puis finalement, un séjour d’un mois l’année d’ensuite. Tout au long de ce dernier séjour, elle se surprend à s’imaginer vivre à Longue-Pointe-de-Mingan. « Dans les derniers jours de cette troisième visite, j’étais très nostalgique à l’idée de quitter la région et pour continuer de rêver un peu, je consultais les offres d’emploi régionales. Tout s’est alors emboité rapidement et deux mois plus tard, j’étais devenue une Minganoise! »

Bienveillance et générosité

Josée s’installe à Havre-Saint-Pierre en novembre 2018. Son nouveau travail d’agente accompagnatrice de développement des entreprises à la MRC de la Minganie lui permet d’apporter un support direct aux entrepreneurs de la région.

« Ici, les gens ont une tendance naturelle à s’entraider et ils sont très chaleureux. Ils ne se pressent pas et font preuve d’une grande bienveillance entre eux. Même si aux premiers abords, ils peuvent parfois sembler craintifs face aux nouveaux arrivants, une fois convaincus que nous sommes respectueux de leurs valeurs bien ancrées et que nous sommes là pour rester, ils nous ouvrent grand leur cœur et on entre dans la famille! Je me sens privilégiée de vivre parmi eux et je ne me suis jamais sentie autant chez moi qu’aujourd’hui! »

Des baleines et des loups marins par la fenêtre !

Josée adore la proximité que lui confère son nouveau milieu de vie. Elle demeure à cinq minutes d’à peu près tous les services et profite quotidiennement du grand air lors de longues promenades avec son petit chien sur la plage infinie. « C’est un grand sentiment de liberté qui vient avec l’immensité du territoire. De ma fenêtre de cuisine, je peux littéralement admirer les baleines sauter hors de l’eau. Demeurant maintenant au paradis des petits fruits sauvages, je fais beaucoup de cueillette, tellement que j’ai dû entreposer une partie de ma réserve chez ma voisine! »

Malgré la multitude d’activités et de festivals présents dans la région, son moment préféré de l’année est hors de tout doute, l’arrivée en avril du crabe des neiges, événement qui apporte une effervescence dans la communauté, marquant officiellement l’arrivée de la belle saison.