Climat et marées

Temps doux, eau douce et marées hautes

La population nord-côtière n’a peur ni de l’hiver, ni de l’été, puisqu’elle peut profiter de ces belles saisons sans endurer les froids humides ou les canicules qui sévissent dans les grandes villes québécoises.

La douceur du climat sur la Côte-Nord est attribuable, entre autres, à la présence du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent qui contribuent à réduire les écarts de température, surtout sur le littoral.

Moins froid et moins humide

    • Le climat de la Côte-Nord est de type subpolaire-subhumide continental.
      • Le taux d’humidité sur la Côte-Nord est inférieur à celui de Québec ou de Montréal.
      • La population nord-côtière n’est pas soumise à de brusques changements de température, contrairement aux citoyens de Québec ou de Montréal qui peuvent voir leur thermomètre grimper ou descendre très rapidement en 24 heures.
      • Les hivers nord-côtiers, très agréables, ne connaissent pas les grands froids humides ni les grands froids polaires.
        • En février, mois le plus froid des hivers québécois, la température moyenne est de -13,4 °C à Sept-Îles, de -12,7 °C à Baie-Comeau, de -12,5°C à Québec et de -10,3°C à Montréal.
      • L’été nord-côtier ne connaît pas de canicule.
        • En juillet, la température moyenne à Sept-Îles est de 15,3 °C, de 15,6 °C à Baie-Comeau, de 19,2 °C à Québec et de 20,9 °C à Montréal.
Climat et marées
Pin – Crédit photo : Geneviève Martin

Marées, eau douce et eau salée

    • Le territoire de la Côte-Nord est bordé au sud par l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.
      • L’estuaire du Saint-Laurent débute là où l’eau commence à être salée, soit à la pointe est de l’île d’Orléans. Les effets des marées commencent à se faire sentir dans l’estuaire.
      • À la hauteur de Pointe-des-Monts, dans Manicouagan, l’élargissement des rives et la limite océanographique dans la circulation des courants marins marquent l’entrée dans le golfe du Saint-Laurent.
        • Le golfe du Saint-Laurent est considéré comme une mer intérieure puisqu’il est pratiquement fermé par l’île de Terre-Neuve.
        • La salinité du golfe est de 33 % ou 34 %, ce qui est comparable à celle de l’océan Atlantique.
    • Étendu, le territoire de la Côte-Nord s’irrigue dans les trois grands bassins versants d’eau douce du Québec.
      • Le bassin versant du Saint-Laurent irrigue plus de 80 % de la Côte-Nord, alors que les bassins de la baie James et de la baie d’Ungava couvrent la portion nord-ouest du territoire nord-côtier.

Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

Les caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région sont présentées au tableau 2.1. Les débits (moyen, maximal, minimal) ont été calculés à partir de mesures relevées pendant plusieurs années d’observation. Les rivières Manicouagan, aux Outardes, Moisie, Natashquan, Betsiamites et Romaine ont toutes un bassin versant supérieur à 10 000 km2. Pour connaître les délimitations de certains bassins versants de la région, on peut consulter la carte relative à la qualité de l’eau à la section 3 de ce document.

Plusieurs rivières de la Côte-Nord ont fait l’objet de travaux d’aménagement ou de détournement de leur bassin versant qui ont modifié le régime d’écoulement de leurs cours d’eau majeurs (rivières Portneuf, Betsiamites, du Sault aux Cochons, aux Outardes, Manicouagan et Sainte-Marguerite (la seule qui a fait l’objet d’audiences publiques).

Caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région

Rivière

Débit moyen
(m
3/s)
Débit maximal
(m
3/s)
Débit minimal
(m
3/s)
Stationde mesureAnnées observées
(nb)
Période observée
Manicouagan

886,0

3 210

51,00

071104

29

1965-1994

Moisie

422,0

3 820

49,80

072301

31

1965-1996

Outardes, aux

374,0

1 370

0

071003

31

1964-1995

Natashquan

332,0

2 250

44,80

074903

16

1980-1996

Betsiamites

324,0

1 350

0

070702

36

1959-1999

Romaine

294,9

2 390

35,80

073801

40

1956-1996

Magpie

181,8

1 370

17,00

073503

15

1965-1980

Saint-Augustin

177,6

2 040

10,80

076101

15

1967-1982

Olomane

155,4

1 020

15,70

075401

9

1980-1989

Saint-Paul

142,8

2 440

11,10

076601

29

1967-1996

Sainte-Marguerite

133,0

1 570

2,29

072101

46

1938-1984

Etamamiou

99,7

689

11,60

075601

19

1974-1993

Petit Mécatina, du

95,7

880

10,50

075703

12

1978-1990

Portneuf

63,9

765

6,51

070401

21

1973-1994

Godbout

42,3

856

1,69

071401

22

1974-1996

Sainte-Marguerite

30,6

575

2,65

062802

20

1976-1996

Coxipi

27,0

157

3,8

076201

13

1980-1993

Tonnerre, au

20,0

782

0,99

073303

46

1947-1993

Escoumins, des

13,0

125

2,06

070203

8

1984-1992

Source : Direction du milieu hydrique, ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et Hydrat95 d’Hydro-Québec pour les rivières Betsiamites, aux Outardes et Manicouagan.

1. Il faut consulter l’annuaire hydrologique 1994-1995 du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour connaître l’endroit exact de la station de mesure.

La région de la Côte-Nord est parsemée de nombreux lacs dont certains sont de grande superficie. Le tableau qui suit présente les lacs les plus connus de la région avec leur superficie et leurs principales vocations ou utilisations. Pour connaître les caractéristiques des autres lacs, on peut consulter la Direction du milieu hydrique du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

On trouve dans ce tableau plusieurs petits lacs situés à proximité de milieux habités qui présentent pour cette raison des situations conflictuelles en raison des utilisations intensives et multiples. Ainsi, plusieurs de ces petits lacs servent de lieu de villégiature intensive, de lieu de pêche, de point d’amerrissage pour hydravion, de point d’alimentation en eau potable, alors même qu’ils sont susceptibles de recevoir des rejets d’eaux usées. Certains plans d’eau de plus grande superficie servent de réservoir pour des centrales hydroélectriques tout en étant utilisés à des fins de villégiature et pour la pêche (Manic-Cinq, Manic-Deux, Manic-Un, Outardes-Deux et Outardes-Quatre). Le marnage important de certains de ces réservoirs occasionne des inconvénients aux villégiateurs et à certaines espèces de poissons qui fraient dans ces zones de marnage.

Vocation et utilisation des principaux lacs de la région

Lac

Superficie (km2)Vocation/Utilisation
Manic-Cinq

2 072,00

réservoir, 2 centrales hydroélectriques, villégiature, pêche, présence d’espèces sensibles (touladi et ouananiche)

Outardes-Quatre

730,00

centrale hydroélectrique, villégiature, 3 pourvoiries, pêche, présence d’espèces sensibles (touladi)

Réservoir SM-3

253,00

centrale hydroélectrique, villégiature, pêche

Sainte-Anne

240,00

pêche, villégiature, rejet d’eaux usées, prise d’eau potable

Manicouagan, petit

221,70

réservoir, pêche

Musquaro

206,94

pourvoirie

Magpie

109,30

pêche

Manic-Deux

103,00

centrale hydroélectrique, pourvoiries, pêche, présence d’espèces sensibles (touladi et ouananiche)

Menistouc

90,13

pêche

Brûlé

88,84

pêche

Caopacho

52,06

pêche

Fournier

48,69

pêche

Brochet, du

44,81

pêche

Eudistes, des

30,04

pêche

Réservoir SM-2

28,49

villégiature, pêche, prise d’eau potable

Outardes-Deux

25,00

centrale hydroélectrique, villégiature, pêche, présence d’espèces sensibles (introduction de ouananiche)

Carheil

19,86

villégiature, pêche, prise d’eau potable

Pentecôte

18,91

pêche

Manic-Un

12,50

prise d’eau potable (Baie-Comeau), base d’hydravions, pêche, 2 centrales hydroélectriques

Matamek

12,43

réserve écologique

Loup-Marin

8,12

villégiature intensive, prise d’eau potable, pêche, rejet d’eaux usées

Laval

6,45

pêche

Rapides, des

6,25

base d’hydravions, prise d’eau potable (Sept-Îles), base de plein air, pêche

Loutre, à la

5,00

villégiature intensive, prise d’eau potable, rejet d’eaux usées, pêche

Sqaw, de la

5,52

base d’hydravions

Daviault

4,09

pêche, base d’hydravions

Patterson

3,75

pêche, base d’hydravions, villégiature, prise d’eau potable, rejet d’eaux usées

Hall

3,20

prise d’eau (Mines Wabush), pêche, villégiature

Chasse, à la

2,50

prise d’eau potable (Baie-Comeau), prise d’eau (Reynolds, Donohue), pêche

Rond

2,00

villégiature intensive, prise d’eau potable, rejet d’eaux usées, pêche

Knob

1,73

prise d’eau potable

Cèdres, des

1,25

villégiature intensive, baignade, prise d’eau potable, pêche

Donlon

1,25

villégiature intensive, prise d’eau potable, pêche, rejet d’eaux usées

Charles

1,00

prise d’eau (La Tabatière), base d’hydravions, pêche, poste de distribution d’Hydro-Québec

Saint-Onge

1,00

villégiature intensive, prise d’eau potable, pêche, rejet d’eaux usées

Gobeil

0,63

plage municipale, villégiature, pêche, base d’hydravions

Daigle

0,30

villégiature intensive, prise d’eau potable, pêche, rejet d’eaux usées

Labrie

0,25

villégiature intensive, prise d’eau potable, pêche, rejet d’eaux usées

Source : Direction du milieu hydrique et Direction régionale de la Côte-Nord, ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.