La Côte-Nord, entre nature et démesure

La Côte-Nord est un territoire immense aux forts accents maritimes. Entre Tadoussac et Blanc-Sablon, la rive nord du majestueux fleuve Saint-Laurent s’étire sur 1 300 km. Elle est jalonnée de villages et de villes, de plages sablonneuses et de falaises, de caps rocheux, de battures et de bancs de sable, d’anses et de baies. Dès que l’on quitte le littoral, on rencontre la forêt boréale. Les villes nordiques, comme Fermont et Schefferville, se trouvent à des centaines de kilomètres au cœur de la forêt. Les espaces sont grands et sauvages ; les paysages, spectaculaires. Séjourner sur la Côte-Nord donne au visiteur maintes fois l’occasion de se fondre dans l’intimité des localités et des communautés autochtones. Ou bien, tel un ermite, de se ressourcer dans le silence et la contemplation de la nature.

La Côte-Nord couvre l’est du Québec jusqu’au Labrador. Sa porte d’entrée à l’ouest, Tadoussac, est située à 220 km de Québec et à 475 km de Montréal. On y accède aussi par la route 172 provenant du Saguenay ou par un des traversiers venant de la rive sud du Saint-Laurent (Trois-Pistoles, Rimouski ou Matane) ou de l’île de Terre-Neuve. Une seule route, la mythique 138, longe le littoral, de Tadoussac à Kegaska. Au-delà, c’est par la mer que l’on visite les villages de la Basse-Côte-Nord ou en motoneige par la Route blanche; avec l’avion, vous atteignez Blanc-Sablon, l’ultime village avant le Labrador.


Portrait de la région
Crédit photo : Geneviève Martin

« La mer », des baleines

Sur la Côte-Nord, le fleuve Saint-Laurent devient un estuaire maritime, puis un golfe. Les Nord-Côtiers l’appellent « la mer ». Sa beauté est omniprésente, rythmée par les marées venues de l’Atlantique. La présence des mammifères marins est un trésor : 13 espèces de baleines et 3 espèces de phoques fréquentent ses eaux nourricières. Sur la Route des Baleines, des excursions d’observation amènent le voyageur à la rencontre de ces géants.


De la forêt à la taïga

Sur 54 800 km², le territoire de la MRC de Manicouagan, c’est aussi celui de la Réserve mondiale de la biosphère de Manicouagan-Uapiska, désignée en 2007 par l’UNESCO. La région habitée compte environ 30 000 habitants, de Pessamit à Baie-Trinité en passant par la ville de Baie-Comeau.

La forêt boréale et la taïga de l’arrière-pays forment plus de 95% du territoire et regorgent de lacs, de rivières, de poissons et d’animaux sauvages : véritable paradis pour pratiquer les sports de plein air. Il y a 214 millions d’années, un météorite a creusé un cratère de 30 km de diamètre et de 10 km de profondeur, au nord du barrage Daniel-Johnson (Manic 5).


Portrait de la région
Baie du Garde Feu – Crédit photo : Ville de Baie-Comeau

Grandes industries et villes dynamiques

La forêt boréale et le fleuve, les cours d’eau puissants et les ressources naturelles abondantes ont constitué depuis toujours le socle de la vie socioéconomique de la Côte-Nord : chasse, pêche, exploitation du bois et des minerais, hydroélectricité. Encore aujourd’hui, l’économie est basée sur les grandes industries bien que l’on assiste à une diversification des activités, notamment avec le tourisme. On visite les imposants barrages hydroélectriques — témoins du génie des bâtisseurs québécois —, certaines installations de grandes industries et de complexes miniers.

Forestville, Baie-Comeau, Port-Cartier, Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre et Fermont sont les centres urbains de la Côte-Nord. Ces villes allient le dynamisme de leurs services à la proximité de la nature pour répondre à toutes les envies : musées, parcs, églises, centres d’interprétation, industries et festivals.


Îles et géants de pierre

En Minganie, on goûte à la vie décrite dans les chansons du célèbre poète Gilles Vigneault. La rivière au Bouleau, dans la municipalité de Rivière-au-Tonnerre, est la porte d’entrée de cette région de plages de sable immenses, d’îles et de villages paisibles. La Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan attire les admirateurs des mystérieux monolithes (formations calcaires érodées par le vent et la mer) dispersés dans l’archipel qu’on sillonne en bateau d’excursion ou en kayak.

Portrait de la région
Île d'Anticosti – Crédit photo : Éric Guay
Portrait de la région
Jeune orignal – Crédit photo : Geneviève Martin

L’île d’Anticosti, très prisée des chasseurs de cerfs de Virginie (appelés communément chevreuils), recèle de fossiles, de grottes, de canyons et de chutes. De Port-Menier, la route Transanticostienne permet d’atteindre les secteurs d’exploitation de plusieurs pourvoiries et de découvrir une flore et une faune d’exception. La plus grande île du Québec est aussi mondialement reconnue pour ses fossiles exceptionnels. Elle sera bientôt inscrite comme site patrimonial, une étape cruciale en vue de sa candidature pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.


À chacun son aventure

La Côte-Nord est une terre prisée des aventuriers. Avec l’Expédition 51°, ils s’échappent pour une virée routière de 1 700 km de Baie-Comeau à Blanc-Sablon en passant par le Labrador par les routes 389, 500 et 501. Les plus rapides font ce circuit en 26 heures, d’autres y passent plusieurs jours ou même des semaines.

Dans la toundra alpine, les monts Groulx et ses sommets de plus de 1 000 m d’altitude attirent les randonneurs chevronnés en quête d’autonomie et les observateurs de la faune sauvage.

La côte et les archipels regorgent de secrets que les kayakistes vont chercher du bout de leur pagaie. Quant aux plaisanciers, ils trouvent de nombreuses marinas ou des anses creuses pour faire escale.

En hiver, de nombreux sentiers et circuits font la renommée de la Côte-Nord pour la motoneige, mais aussi en traîneau à chiens, en ski ou en raquette.


Portrait de la région
Pakua Shipu – Crédit photo : Mamit Innuat

Communautés innues

Une quinzaine de communautés innues et une communauté naskapie se répartissent sur l’ensemble du territoire. Les festivités, les festivals, les maisons de la culture sont autant d’occasions de rencontre avec ce peuple rieur. Aux visiteurs de les saisir pour découvrir leur mode de vie proche de la nature et leurs traditions animées d’un esprit nomade. Certaines communautés s’ouvrent de plus en plus aux touristes et leur proposent des séjours d’immersion.


La Basse-Côte-Nord

Il vous faut prendre un navire ravitailleur pour rejoindre la quinzaine de villages colorés de la Basse-Côte-Nord, accrochés à la côte sur 475 km. Ou bien vous attendez l’hiver pour enfourcher une motoneige et parcourir la Route blanche. Les panoramas sont saisissants, les communautés sont originales et créatives dans ce bout du monde.

La Côte-Nord est si vaste que bien d’autres découvertes vous attendent. La gastronomie se réinvente au fil des années avec des produits du terroir, des nouvelles saveurs régionales et des alliances de goûts surprenantes, des microbrasseries de bière, des distilleries artisanales d’alcool.

On se sent parfois tout petit dans cet immense territoire au caractère bien trempé. Que l’on respire à pleins poumons l’air marin ou que l’on se laisse envelopper par les effluves discrets de la forêt, on y trouve toujours sa place. Avant tout, c’est le cœur des Nord-Côtiers qui vous guide et vous donne envie de revenir.

Portrait de la région
Crédit photo : Éric Guay

« Je sais que la Côte-Nord détient du pain, du feu, la simple joie de vivre pour des milliers d’hommes qui ne sont pas nés. Cette terre n’appartient pas aux lutteurs d’aujourd’hui. Elle se réserve pour les conquérants de l’avenir. »

Extrait d’un reportage, « La Côte de tous les Vents », écrit par Gabrielle Roy, publié dans Le Bulletin des Agriculteurs, octobre 1941 (p. 7, 42-45).


Suggestions de lecture 

  • Histoire de la Côte-Nord, Pierre Frenette, Éditions de l’IQRC, 1996, 675 p.

  • Une histoire d’appartenance. La Côte-Nord, Serge Lambert et Caroline Roy, Éditions GID, 2001, 272 p.

  • Revue d’histoire de la Côte-Nord (parution annuelle), Société historique de la Côte-Nord.

  • Saint-Laurent mon amour, Monique Durand, Mémoire d’encrier, 2017, 160 p.

  • Le peuple rieur, Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, Lux, 2017, 320 p.

  • Objectif Nord, Serge Bouchard et Jean Désy, Éditions Sylvain Harvey, 2013, 200 p.